6ème missive /8

Les symboles

symbolsJe comprends que tu hésites encore et que aies peur de ce qui se cache derrière notre symbolisme. Tu as entendu dire que nous utilisions des mots, des signes et des symboles, aussi bien pour nous reconnaître entre nous que pour communiquer ensemble. Tout cela est bien effrayant et mystérieux.

Tu n’as, dis-tu, jamais utilisé de symboles, bien que tu en aies entendu parler. En es-tu si sûr?

Pour ton travail, comme pour conduire ta voiture, tu as appris toute une série de codes et d’informations imagées qui ne sont rien d’autre que des symboles; la carte routière que tu consultes est imagée de symboles et te renvoie à une légende ou table de symboles que tu consultes facilement.

C’est la même chose en Franc-Maçonnerie, tu apprendras à tailler et à polir la Pierre Brute, à parler avec la rectitude de l’équerre, à juger avec la finesse du compas, à te couvrir en présence de Profanes. Rien de tout cela n’est bien compliquer.

Pourtant, peu à peu, tu chercheras à en savoir plus, à faire des comparaisons, à connaître l’origine des symboles, à comprendre la similitude entre les semblables et tu vas te passionner pour la recherche, sans jamais te lasser.

Ce que l’on aime, on le fait bien, sans fatigue et par plaisir.

À travers tout un labyrinthe de symboles, tu seras comme un explorateur qui découvre une terre nouvelle. Alors, tu t’empresseras de communiquer aux autres ta découverte et d’une idée en jaillira une autre, d’une question en naîtra une autre, une découverte entraînera une autre exploration et toute exploration mène à une découverte. C’est un de nos secrets que je te livre, le secret du bonheur.

J’ai voulu classer et répertorier les symboles maçonniques, mais ils sont innombrables. J’ai voulu les définir mais ils échappent à la logique. J’ai voulu les cerner, les prendre au filet de ma pensée, mais ils se sont envolés.

C’est que le monde des symboles est peuplé d’analogie, de similitude et de correspondances. Chaque mot devient précieux, car il nous rapproche de ce que Jung appelle des archétypes, et crée une chaîne d’analogie capable de nous faire appréhender les concepts inaccessibles, par la voix de la pensée rationaliste et qui obligent les psychologues modernes à créer des mots nouveaux que le vocabulaire courant est lui-même incapable de définir.

Le symbole, incommunicable par essence, finit par s’intégrer totalement dans la vie de « l’Initié » et chacun s’en sert selon ses capacités et le degré de son avancement. Il devient alors infini.

Nous avons deux sortes de symboles: d’une part, ceux qui appartiennent au fonds communs de la pensée et dont tu retrouveras les correspondances dans toutes les sociétés initiatiques, des plus anciennes aux plus modernes, et, d’autre part, ceux qui nous sont propres parce qu’ils appartiennent au « métier » de nos initiateurs.

Il faut aussi savoir que tout symbole s’interprète de trois façons: d’une manière générale ou exotérique, c’est celle du Profane; d’une manière privée ou particulière, c’est celle de l’Adepte; d’une manière personnelle ou ésotérique, c’est celle de l’Initié.

Rien de tout cela n’est plus compliqué que d’apprendre les signaux routiers dont tu te sers pour conduire ta voiture, mais de même qu’un panneau t’avertira d’un danger et entraînera chez toi toute une série de réflexes pour l’éviter, de même un symbole fera naître en toi toute une série de sentiments qui te rapprocheront de tes Frères ou de tes Sœurs qui ont la même forme de pensée, de réflexions et de déductions.

Quel que soit ton métier, tu communiqueras mieux avec tes pairs qu’avec des étrangers, parce que vous parlerez la même langue.

Par la voie du symbole, tu communiqueras avec les Maçons quelle que soit leur langue : la Maçonnerie est universelle.

Si je ne t’en dis pas plus sur les symboles, c’est que je te laisse le plaisir de les découvrir. Certes, tu ne les découvriras pas seul et même les livres que tu pourrais lire ne te seraient que de peu d’utilité. Il te faut un maître, et en cela aussi la Franc-Maçonnerie est différente de toutes les autres sociétés.

Ce n’est pas un, mais dix, cent ou mille maîtres que tu auras, autant que tu en voudras. Aucun ne t’imposera un concept qui finalement ne serait que le sien propre, mais tous t’apporteront, dans leur langage particulier des idées que tu pourras assimiler, faire tiennes et interpréter librement.

Lorsque tu seras parmi nous, ta liberté restera entière. Libre en entrant, tu seras toujours libre de penser et d’agir et seule ta conscience sera ta loi. Tes Frères et tes Sœurs seront toujours là pour t’aider ou te donner leur opinion, jamais pour t’imposer leur volonté.

A bientôt.

Ton ami